Les PME africaines doivent intégrer l’intelligence économique pour être Compétitives

10 Juil 2020
Alain GOGBE TIBA
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La concurrence au sein des entreprises, surtout des PME africaines aujourd’hui est l’une des épineuses problématiques que s’attèlent à résoudre les dirigeants de ces sociétés. Il faut savoir que l’intelligence économique (IE) est un outil stratégique décisif dans un contexte de compétition intense. C’est une pratique qui permettra aux PME de mieux connaître leur environnement concurrentiel et se protéger face aux géants nationaux et mondiaux en protégeant leur savoir-faire car étant des cibles potentielles. Pour une meilleure mise en place du système d’intelligence économique pour les PME en Afrique, il existe plusieurs solutions publiques, parapubliques et privées. Pour cela, nous avons des outils et méthodes sur internet et avec des professionnels du secteur pour des actions en intelligence économique. Elle devient aujourd’hui un outil indispensable de compétitivité pour les PME sur le continent Africain.

L’intelligence économique a pour essence la collecte, l’analyse, la protection et la diffusion de l’information. En effet, elle permet à une entreprise d’anticiper et d’analyser dans les moindres détails les tendances du secteur d’activité dans lequel elles exercent. Elle permet aux PME de structurer leurs connaissances en matière d’information sur elles et leurs concurrents. Le fait de placer l’information au cœur du dispositif des PME, cet outil leur permettra de prendre des décisions pour augmenter les profits et être très compétitives sur le marché. Il faut indiquer que par les connaissances acquises, certaines entreprises, et notamment des PME, parviennent à racheter des entreprises, développer de nouveaux services, et finalement, à transformer leur marché pour être des leaders.

Les pouvoirs publics et leur rôle immense dans le dispositif d’Intelligence économique pour les PME.

L’information stratégique dont a besoin les entreprises pour leur positionnement compétitif doit être reconnue comme un avantage compétitif décisif. Les PME en Afrique doivent avoir l’appui des pouvoirs publics et des organismes privés pour mener à bien l’intelligence économique. Les PME africaines ne doivent pas rester en marge de cet outil, mais doivent amorcer et accepter la sensibilisation intense de l’importance de l’IE.

Certains grands pays comme le Japon, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les scandinaves sont souvent cités par tous les observateurs du monde entier comme des références en matière de pratiques d’intelligence économique. Il faut donc pour nos PME en Afrique avoir une culture de l’intelligence économique pérenne au sein des entreprises et de l’écosystème du secteur privé afin de faire de cet outil un enjeu indispensable de compétitivité.

Les Etats africains doivent pour les PME, développer une interconnexion des organismes mis en place par les pouvoirs publics afin de recueillir, traiter et faire circuler l’information pour les entreprises. Il faudra avoir une synergie très étroite entre les acteurs économiques du public et les milieux d’affaires du continent au sein des pays afin de fluidifier la transmission des informations aux PME pour leur compétitivité.

Des structures dédiées à l’IE doivent être créées pour soutenir les PME africaines dans leur démarche de compétitivité et leur croissance économique. Les dispositifs majeurs relevant des enjeux de l’intelligence économique doivent être dévolus à de grandes organisations pour la veille économique sur les marchés étrangers, les réseaux de transfert de connaissance et la veille technologique et scientifique. Il faudra aussi pour l’appui et la compétitivité des PME, mettre en place des réseaux et associations professionnelles pour l’intelligence économique afin de les soutenir au mieux dans leurs activités.

Les Etats africains doivent donner des moyens financiers importants pour avoir des centres de service pour appuyer les PME dans l’intelligence économique sur toute l’étendue du territoire dans les pays. Il s’agira d’offrir aux PME des programmes intenses de formation et d’information générale sur l’importance de l’intelligence économique dans la stratégie de compétitivité.

Les Etats doivent travailler sur l’aspect des menaces et renforcer les appuis dans un souci de coordination des ressources existantes et la qualité des services rendus aux PME avec des réponses qui varient selon les besoins des unes et des autres. Par exemple pour les exportateurs, il est nécessaire de mettre en place un réseau de soutien qui assure une veille économique et une assistante à l’export.

Malgré les efforts des Etats, il apparaît fondamental aux responsables des entreprises de s’approprier l’IE pour rester compétitives.

La vision 360° des Chefs d’entreprises des PME sur la capitalisation de l’IE pour leur développement.

L’intelligence économique en Afrique pour les PME et leur compétitivité doit faire des acteurs des piliers du monde des affaires et leur permettre de s’en réclamer. Cela doit s’inscrire dans un cadre d’une tradition industrielle et d’une vie associative importante pour les chefs d’entreprises. Il faut que dans les PME, des services soient uniquement dédiés aux fonctions d’intelligence économique (études de marchés, planification et stratégies d’entreprises).

Pour garantir leur compétitivité, les PME en Afrique doivent mettre en place avec le soutien accru de l’Etat, une base de données d’information afin de savoir toutes les actions et les changements qui ont cours dans le monde avec tous les partenaires économiques.

Les associations de chefs d’entreprises doivent adopter un modèle de mise en œuvre de services opérationnels de business intelligence pour les PME. Il faut, en effet, pour les PME africaines, une stratégie robuste de trois outils importants pour leur compétitivité. Il s’agit

  • Des plateformes qui donnent des informations d’actualité sur l’environnement des affaires de façon automatisée :
  • Des méthodes de management spécifiques tournées vers des résultats et une bonne évaluation :
  • L’appui à la mise en place d’organisme interne aux PME.

Les dispositifs importants que devront respecter les chefs d’entreprises établissent l’importance de l’enjeu de l’IE pour les sociétés.

 L’Intelligence Economique est un enjeu majeur pour les PME en Afrique.

Dans les pays comme le Maroc où 90% des PME sont au cœur du tissu économique national, l’IE apparaît comme un véritable outil de stratégie de plus en plus indispensable pour la compétitivité de cette famille d’acteurs économique. Aujourd’hui, plus que jamais, les PME ne doivent pas se mettre en marge de ce dispositif.

Les entreprises ne doivent plus être passives dans cette nouvelle démarche. Elles doivent s’engager résolument et fermement dans le processus d’IE avec tous les outils subsidiaires. Il faut, en effet, une plus grande intégration et un caractère actif de la pratique de l’IE. Les PME africaines si elles veulent rester compétitives, doivent s’extraire des obstacles et barrières d’ordre stratégique, culturel, financier, logistique et méthodologique gage d’un succès probant et tangible dans la mise en œuvre de dispositif pointu d’IE.

Pour être compétitives et rester fortes, les PME africaines doivent avoir une feuille de route très claire et précise des enjeux de l’IE face à la problématique de la compétitivité. L’IE doit être intégrer dans la culture managériale des PME avec une méthodologie adaptée pour leur permettre une autonomie de gestion qui débouchera certainement sur la compétitivité au niveau national et mondial.

L'Auteur

Alain GOGBE TIBA
Alain GOGBE TIBA
Alain est économiste d’entreprises et de marchés, expert en intelligence économique et veille, en management stratégique des entreprises et spécialiste en OSINT. Il est le fondateur du « Club Osint Afrique / Diaspora » qui reste une plateforme de promotion de l’OSINT, de la veille stratégique et de l’intelligence économique pour les élites africaines en Afrique et dans la diaspora) et « BEST INTELLIGENCE », qui est un cabinet de conseil en stratégie, intelligence économique et veille stratégique en Afrique et dans la Diaspora. Il est également enseignant sur les questions de veille politique à l’Ecole Politique Africaine (EPA).
Pendant plusieurs années, il a été chargé d’études économiques (Veille – Analyse – Données – Surveillance – Stratégies-Développement – Implantation – Marché – Innovation – Transformation – Influence – Croissance – Rentabilité) à la CCI de Côte d’Ivoire au sein de la Direction des études et de l’information économique. Il a été également coordonnateur régional du Centre de Commerce International (ITC) sur le MAOC (Mécanisme d’Alerte aux Obstacles au Commerce) en Côte d’Ivoire avec Genève pour l’OMC.
Il est titulaire d’une Licence et Maîtrise en Gestion, d’un Master 2, Stratégies, Economie d’entreprises et de marché du CNAM de Paris et d’un MBA Executive en Management Stratégique et Intelligence Economique à l’Ecole de Guerre Economique de Paris.
Alain est à l’origine de plusieurs articles sur l’Afrique.

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