Le Sport au Maroc, d’un outil de diplomatie à la démocratisation de l’usage …

24 Juil 2018
Jonathan HARROCH
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Abdeslam Radi Roi Mohammed V Maroc

 

Que de chemins parcourus depuis la première médaille olympique remportée par le Maroc en 1960 … lors de ces JO de Rome, Abdeslam Radi remporte l’argent en marathon derrière l’éthiopien Abebe Bikila, le coureur aux pieds nus.

Il allait marquer l’histoire du sport national en devenant le premier athlète arabe à s’illustrer aux JO. Il restera jusqu’en 1984 le seul médaillé olympique du sport marocain. Deux autres sportifs marocains Saïd Aouita et Nawal El Moutawakel seront couronnés d’or cette année-là à Los Angeles et deviendront la référence de l’athlétisme des années 80. Aujourd’hui, le Maroc comptabilise 23 médailles sur ses 14 participations aux Jeux Olympiques d’été.

Progressivement le sport est devenu un outil de la diplomatie Marocaine. Hôte des Jeux méditerranéens en 1983, de la Coupe d’Afrique des nations en 1988 et des Jeux de la Francophonie en 1989, le Royaume est candidat pour accueillir la Coupe du Monde de Football en 2030. Si la candidature marocaine n’a pas été malheureusement retenue pour le mondial 2026, elle a reçu néanmoins le soutien de 65 pays dont 10 États européens (France, Belgique, Luxembourg, Serbie, Slovaquie, Pays-Bas, Albanie, Estonie, Biélorussie, Italie) et 35 pays africains. Malgré la déception du vote contraire des pays considérés comme « frères » (Arabie Saoudite, Kuwait, Bahreïn, Jordanie, etc.), cette attitude n’a fait que renforcer la notoriété du Royaume et confirmer sa suprématie diplomatique particulièrement en Afrique en lui valant l’estime des journalistes et des analystes sportifs et politiques dans le monde.

Le Maroc a participé pour la cinquième fois de son histoire au Mondial qui s’est tenu en Russie. Même si les Lions de l’Atlas n’ont pas dépassé les phases de poules, ils ont laissé un écho positif et une image honorable quant à leur niveau de jeu.

Dans le cas où le continent africain aurait souhaité organiser l’événement olympique, le Maroc est, avec l’Afrique du Sud, seraient les seuls pays en position de force pour prétendre représenter l’Afrique dans la course à ces Jeux.

Et si la fierté de la Nation se reflète dans le soutien de ses équipes nationales, elle s’incarne avec quelques grandes figures du sport marocain. Ainsi derrière les Saïd Aouita, Nawal Moutawakil, Hicham El Guerrouj, Nezha Bidouane, et autre Badr Hari, les marocains commencent à adopter le concept du sport individuel et de l’entretien du corps. Certes en relation avec l’amélioration des conditions de vie des citoyens, les infrastructures se développent au niveau national, tout comme les salles de sports qui fleurissent dans toutes les villes du Maroc depuis une dizaine d’années. Devenu un véritable phénomène en quelques années, le secteur du Fitness a par exemple été bouleversé par le low price. Il s’est démocratisé grâce à ce concept et avec l’idée “sport pour tous” :  On voit aujourd’hui des salles de fitness dans les gares ou dans les mosquées, des espaces réservé aux femmes, aux populations aisées, aux familles, etc. Certaines entreprises subventionnent même des abonnements dans des salles de sports pour leurs cadres.

Ainsi, en quelques années le Maroc est devenu sportif, ainsi que les marocains et le sport est passé d’un outil de diplomatie à un véritable business.

 

 

L'Auteur

Jonathan HARROCH
Jonathan HARROCH
Jonathan Harroch, homme d’affaires Franco-Marocain et investisseur international dans l’économie du sport et loisirs. Il est devenu un personnage incontournable dans l’entreprenariat dans ce secteur en Afrique, grâce à un parcours notoire de sociétés florissantes dont il a été le fondateur en Europe. Pendant les années 2000, Jonathan a pris le risque de pénétrer ce secteur au Maroc, mais avec comme Leitmotiv ‘Sport pour tous’. Aujourd’hui, sa vision de ‘démocratisation’ du sport, s’est avérée pari gagnant car son Groupe City Club se trouve non seulement sur l’ensemble du Royaume mais au-delàs de l’Hexagone.

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